Trigger points et douleur

Tout d’abord, je tiens à préciser que la douleur peut avoir une origine multifactorielle et que j’aborderai, dans cet article, le lien avec les « points gâchettes » ou encore dits « trigger points ».

 

Définition


Les docteurs Travell et Simons, qui ont été parmi les premiers à utiliser le terme de trigger point dans les années 1950, définissent ces points comme une zone d’hyperexcitabilité située dans un cordon musculaire dur et épais, qui est localement hypersensible à une stimulation mécanique. Si la sensibilité est trop importante, cela donne naissance à une douleur et une sensibilité.

 

Physiopathologie


Deux facteurs clés ont été mis en avant dans la formation de trigger points : des dommages et dérégulations calciques. Les effets musculaires d’intensité infra-maximale lors d’efforts de la vie quotidienne, comme le travail au bureau, différentes tâches ménagères répétées et certains métiers, induisent une surcharge métabolique sur les fibres de type I. Cette surcharge accroît le risque potentiel de développer les facteurs clés cités en amont.

La suractivité de ces muscles provoque aussi une augmentation d’activité de la jonction entre le neurone moteur et les fibres musculaires qu’il innerve, ce qui libère une plus grande quantité d’acétylcholine. Ce dernier est un neurotransmetteur libéré par les nerfs à chaque contraction musculaire. Ce phénomène est à l’origine de petites contractions en continu qui génèrent une moins bonne perfusion sanguine locale d’un tissu, ainsi qu’une contraction continue des unités contractiles (= sarcomère) dans les muscles. Cet état d’insuffisance d’oxygène par rapport aux besoins (hypoxie) serait à l’origine de la libération de médiateurs nociceptifs, qui activent le ressenti de la douleur.

De nombreuses personnes qui souffrent de céphalées (maux de tête) peuvent avoir à l’origine des trigger points dans certaines parties myofasciales proches de la tête. Ce lien a bien été démontré avec comme causes, des changements au niveau du système nerveux périphérique (SNP), puis central (SNC), à la suite de céphalées à répétition.

 

Traitement


Je vais vous parler de deux techniques ayant fait leur preuve dans le traitement des trigger points en les désactivant et, in fine, la réduction de la douleur.

La première est la thérapie manuelle par « compression ischémique ». Dans cette technique, le thérapeute exerce une force de pression avec ses doigts ou avec un objet adéquat, directement sur le point gâchette. Cette compression va faire baisser l’activité du système nerveux sympathique par une augmentation réflexe du flux sanguin dans le trigger point, et par une diminution de la libération d’acétylcholine.

La deuxième est le « dry needling », dans laquelle le thérapeute insère une aiguille spéciale dans le point gâchette. Il mobilise cette aiguille ou il peut la laisser en place pendant un certain temps. Cette méthode est plus efficace si elle déclenche une réponse contractile locale du muscle stimulé (fasciculation). Le dry needling induit une augmentation de la vascularisation, une augmentation des protéines sensibles à l’hypoxie, une suppression de l’activité électrique de la jonction entre neurone moteur et fibres musculaires et une probable baisse de l’activité du système nerveux sympathique.

 

Conclusion


Dans notre société, beaucoup de gens souffrent de tensions musculaires qui peuvent être des trigger points. Ceux-ci peuvent être soignés par un thérapeute compétent, qui pourra enseigner par la suite des gestes à faire soi-même avec certains objets.

Cette approche se veut non médicamenteuse et se place comme une alternative ou un complément à des traitements conventionnels. Bien que la méthode dry needling comporte quelques contre-indications, ces méthodes restent bien tolérées et sans effets secondaires chez la plupart des personnes.

Une fois n’est pas coutume, un traitement individualisé doit être mis en place afin de bien cerner la cause des trigger points et le traitement à suivre.

En tant que Personal Trainer, je suis compétent pour aider à soulager ces points gâchette par l’utilisation de matériel de première instance (rouleau, balle, etc.). En cas d’état chronique, la collaboration avec un spécialiste dans le domaine est à envisager.

 

Références :

  • JG Travell DG. Simons Myofascial pain and dysfunction: the trigger point manual. Baltimore: Williams & Wilkins 1983
  • JP Shah EA. Gilliams Uncovering the biochemical milieu of myofascial trigger points using in vivo microdialysis: an application of muscle pain concepts to myofascial pain syndrome.J Bodyw Mov Ther 200
  • D Treaster WS Marras D Burr Myofascial trigger point development from visual and postural stressors during computer work.J Electromyogr Kinesiol 2006
  • A Kaergaard JH. Andersen Musculoskeletal disorders of the neck and shoulders in female sewing machine operators: Prevalence, incidence, and prognosis. Occup Environ Med 2000
  • RD Gerwin J Dommerholt JP. Shah An expansion of Simons’ integrated hypothesis of trigger point formation.Curr Pain Headache Rep 2004
  • A **Fumal J. Schoenen Tension-type headache: current research and clinical management.Lancet Neurol 2008
  • CZ Hong Lidocaine injection versus dry needling to myofascial trigger point: The importance of the local twitch response. Am J Phys Med Rehabil .1994

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